Pendant trois jours, Franck Pé a sorti pinceaux et tubes de gouache au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse pour réaliser une fresque monumentale de plusieurs mètres de long. Une création réalisée dans le cadre du festival de la bd mais avec un angle : le dessinateur devait s’inspirer de la collection du musée et reprendre le thème de la théorie de l’évolution de Darwin. Durant le weekend, deux rencontres, en partenariat avec 9eme Regard, ont été organisées entre le public et l’artiste. Morceaux choisis :
Comment vit-on le passage du support planche à celui de la fresque ?
Franck Pé : Le contenu, le moment et le travail sont différents. Bien sûr, la première différence c’est la taille. Il y a, du coup, une approche très physique. La BD, c’est ardu, c’est de l’esclavage. Là, c’est de l’oxygène, la possibilité de libérer la couleur. On retrouve aussi le contact avec le public, comme en dédicace, qui donne de l’énergie. Je n’ai pas cherché à représenter les animaux dans un contexte réaliste. Il y a un devoir de décalage. On peut d’ailleurs trouver des objets incongrus comme la chaise ou le Schtroumpf.
Pourquoi avoir mis un ange au-dessus de Darwin dans cette fresque ?
Franck Pé : Nous devons beaucoup à plein de choses. Je crois vraiment qu’il y a un déterminisme dont nous ne sommes pas conscients et nous sommes forcément inspirés par ceux qui nous ont précédés. C’est ce que symbolise cet ange en forme d’ampoule. L’ampoule étant un des codes de la bd pour imager le concept d’idée.
Faut-il y voir un signe religieux ? Cette fresque est-elle un peu l’arche de Noé ou l’Eden ?
Franck Pé : Non, rien de religieux. Quand j’étais gamin, j’adorais les livres d’animaux et j’en ai gardé le goût de les regrouper même si cela n’est pas réaliste. Ce n’est pas, en tout cas, une référence au créationisme.
Existe-t-il un message engagé dans vos bd ?
Franck Pé : Non, pas du tout ! Je cherche à partager mais pas à faire passer un message écologique ou social. Je veux avant tout procurer du plaisir. Je crois que la crise de la planète est avant tout spirituelle. C’est l’homme qui est en danger, pas la nature.
Quels sont vos projets ?
Franck Pé : Je vais réaliser bientôt une autre fresque en Belgique. Je travaille aussi sur un long métrage qui porte sur un auteur de BD. Je suis chargé de réaliser tout ce qui correspond à sa production. Je planche aussi sur un art book de Zoo ainsi que le tome 4. Et je travaille également sur un album de Spirou et Fantasio. Je compte reprendre dans ce one shot le personnage de Noé créé par Franquin.
Le site de Franck Pé : http://www.frankpe.com/
salut
c’est sympa de diffuser le débat du Muséum. Ca me fait plaisir que cela fait trace.
Matthieu