Rencontre avec Max de Radiguès

Max de Radiguès, jeune talent belge de la BD indépendante, était l’un des invités du festival de la BD de Toulouse 2007.

L’occasion pour lui de présenter sa dernière création  Antti Brysselissä.

Sa casquette indique « here’s the beef », le bœuf est là. Max de Radiguès n’a pourtant rien d’un bovidé. Un brin timide, une petite moue rêveuse, il crayonne son carnet avec application en attendant sa prochaine dédicace. A 25 ans, il parcourt les festivals avec Antti Brysselissä, sa première BD brochée. Il y raconte avec un humour décalé la découverte de Bruxelles par un jeune finlandais. « J’ai vraiment apprécié la place donnée à la BD indé dans le classement d’Angoulême, ça me donne de l’espoir ».
Comme beaucoup d’auteurs, Max de Radiguès ne vit pas de son art. Il travaille trente-trois heures par semaine dans une librairie bruxelloise. « C’est parfois frustrant, je met super longtemps pour achever mes projets mais je n’ai pas envie de vendre mon âme. Je ne vais pas me mettre à dessiner une fille en mini jupe, une épée à la main qui court après un dragon juste parce que ça fait vendre ». Faire comme les autres ne ressemblent pas vraiment au personnage. Quand son père le verrait bien se lancer dans le marketing, Max s’inscrit en école d’art. Les exercices conventionnels ne sont pas pour lui non plus : « A Saint-Luc, mon école, on devait réaliser des travaux pratiques et les laisser dormir dans les cartons. Ça ne m’amusait pas du tout. J’ai donc commencé à faire mes propres livres entre photocopies et agrafeuses ».

Il rejoint finalement le collectif bruxellois « L’employé du moi ». Leur démarche est originale puisque les planches dessinées sont immédiatement mises en ligne afin de créer une interactivité avec le lecteur. « J’ai développé le personnage de Juliette car les gens ont vraiment accroché, ce n’était pas prévu comme ça au départ. Au final, j’ai créé un chassé-croisé amoureux entre elle et Antti. » Loin d’être effrayé par cette diffusion sur Internet, Max de Radiguès pense que cela lui a permis d’être connu et a donné de la crédibilité à son ouvrage. L’artiste se veut un conteur. Il souhaite raconter une histoire au-delà de la dimension artistique. « J’ai toujours cherché des solutions pour dire ce que je voulais en cachant ce que je n’arrivais pas à dessiner. Le but c’est que ce soit clair, lisible pour tout le monde. » Le coup de crayon est pourtant loin d’être mauvais. Il peut rappeler celui de Marjane Satrapi bien que Max de Radiguès ait un faible pour Guy de Lisle ainsi que Dupuy et Berberian.

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