Il est des hommes difficiles à bâillonner. Halim Mahmoudi est l’un d’entre eux. Un homme qu’on n’empêchera pas de penser librement et surtout de dire tout haut ce qui dérange. Tant pis si cela heurte quelques égos au passage. Il l’avoue lui même, il n’arrive pas à créer sans être engager, même une histoire de plantes vertes. Alors quand il s’agit de parler de la vie en banlieue, d’immigration, de prison ou d’identité la pensée d’Halim Mahmoudi peut bousculer. Patiemment, l’auteur expose ses idées avec beaucoup de douceur mais sans compromis. Halim Mahmoudi travaille comme dessinateur de presse et vient de signer un première album : Arabico.
La description de mon univers :
J’ai plusieurs univers qui se recoupent : la tragédie et la comédie. Mais ce qui ressort surtout c’est que je suis incapable de ne pas faire quelque chose d’engagé. Pour le style aussi, j’ai des variations graphiques qui peuvent aller du réalisme à des choses assez abstraites. En général, c’est l’histoire qui commande.
Trois adjectifs pour décrire mon style :
Engagé, éclectique et personnel
Mon lieu idéal de création :
Dans ma tête !
Dans ma trousse j’ai :
Des encres, des crayons, une gomme et un super stylo plume qui fait des pleins et des déliés.
Ma journée type :
Je prends le train pour venir travailler à l’atelier alors j’arrive rarement avant 10H. Je profite de ce temps de trajet pour écrire et dessiner. Je suis quelqu’un d’assez chronophage. Je peux être super à fond parfois ou passer ma journée à flâner avec mon carnet. En rentrant le soir, je vis ma vie de papa. Une fois les filles couchées, j’en profite pour travailler sur de nouveaux projets ou regarder un film.
Si mon oeuvre avait une bande-son :
Ce serait du rap, forcément ! La Rumeur ou Rocé. On ne les entend pas assez à la radio. C’est une musique qui traverse. Je ne sais pas, ça tient peut-être à mon passé. J’aime bien la soul, le trip-hop, des personnalités comme Björk, Laureen Hill ou Abraham Ink. Il faut que ça déménage !
L’auteur avec qui j’aimerais collaborer :
Le scénariste d’ »Achever d’imprimer », Olivier Mau. J’aimerais vraiment ! Sinon, Loisel, Fabien Vehlmann dont j’ai beaucoup apprécié le travail sur Jolies ténèbres et Baru.
L’oeuvre d’art que j’admire :
Le temps où nous chantions de Richard Powers, un auteur américain et la photo de la place Tiananmen prise par Jeff Widener. Dans l’univers BD, je choisirais Meteor Slim de Frantz Duchazeau ou Le tueur de Luc Jacamon.
J’aurais aussi aimé être :
Écrivain ou comique. Ca m’a souvent tenté. J’admire des types comme Coluche ou Desproges. Et bien sûr acteur ou réalisateur de porno (rire), c’est le mâle qui parle !
Ma plus grande fierté :
Je vais dire comme tout le monde : mes deux filles. En fait, je suis fière de mes convictions et d’assumer un chemin qui n’est pas celui de la facilité. Réfléchir, penser ce n’est pas toujours agréable. C’est parfois plus facile de se vider la tête devant la télé.
Ma lecture du moment :
Les blessures d’amour propre, une BD de Martin Veyron et La stratégie du choc de Naomie Klein, c’est un essai socio-politique sur le capitalisme.
Mes trois sites web préférés :
Facebook : pour le réseau. Ca fait circuler les idées mais ça permet aussi à des choses plus ou moins bonnes d’exister.
Là bas si j’y suis : le site de l’émission de Daniel Mermet sur France Inter, je l’écoute très souvent.
Bellaciao : un site d’information qui change un peu
Les sites de téléchargements : je suis pour. Enfin… ça s’inscrit dans une certaine vision que j’ai de la société. La culture gratuite ce serait bien. Ca m’est égal qu’on télécharge mes albums si c’est pour les faire circuler.
Bibliographie :
Séries :
Arabico – Editions Soleil
Tome 1 : Liberté - 2009
Ce qui est encore plus marrant c’est qu’Halim fait aussi du dessin de presse.
Arabico est édité aux Editions Soleil. Deux tomes sont encore prévus pour cette série dont un qui paraitra surement cet automne.
c’est marrant comme d’après son dessin et son engagement on aurait envie de le cataloguer « dessinateur de presse », ce qui n’est pas une critique !
juste que je crois que la BD aussi à besoin de ce genre d’auteurs.
elle est éditée chez qui cette BD ?