Scénario : Travailler sur des sujets sensibles semble réussir à Alfred. Après Pourquoi j’ai tué Pierre, l’auteur-dessinateur revient avec l’adaptation d’un roman de Guillaume Guéraud. Là encore, on ne bascule pas dans le manichéen. L’ouvrage s’ouvre sur un bain de sang mais on découvre au fil des planches que les rôles de victimes et de bourreaux n’ont pas des frontières aussi marquées. Alfred dépeint l’histoire d’un basculement mais pas seulement. Il dresse aussi le portrait d’une France profonde où l’alcool, la lâcheté et l’intolérance s’entremêlent pour fournir le terreau des drames.
Graphisme : Le dessin est très expressif voire expressionniste. Certaines scènes peuvent rappeler l’oeuvre du peintre Munch. Les traits des personnages laissent clairement transparaître leurs émotions. Une vraie réussite qui permet à l’auteur de laisser parler l’image et de recourir très peu au texte. Ce choix intensifie l’ambiance oppressante de l’album. La mise en couleur faite par Henri Meunier est très réussie, notamment son travail sur les contrastes.
Originalité : Je mourrai pas gibier n’est pas un album dont on ressort indemne. Il montre l’équilibre fragile qui réside en chacun de nous. Un vrai coup de cœur.
Références :
Je mourrai pas Gibier d’Alfred
Date de parution : Janvier 2009
Edition : Delcourt
Collection : Mirages
Prix : 14, 95 euros
Je confirme, on m’a offert cet album, et j’ai pris tellement de plaisir à le lire que j’aurais voulu qu’il soit plus long. Captivant !