Scénario : D’abord, il y a le ravissement de découvrir un nouvel ouvrage de Winshluss… Puis un moment de flottement : et si une âme innocente, un adulte qui ne connaît pas l’auteur, venait à offrir cet album de Pinocchio à un enfant ? Le conte de fées est devenu conte décadent… et en filigrane on entrevoie le meilleur de notre époque (violence, cupidité, pollution) même si le récit est intemporel. Jiminy est un cafard alcoolique, Gepetto un inventeur à la solde de l’armée, le nez de Pinocchio sert de gode à sa mère… et le détour par Blanche-Neige et les sept salopards n’est pas moins trash. Provoquant ? Non, pas vraiment… Noir, grinçant et dérangeant pour ce que cela montre des déviances de notre société. Cela dit, il ne faut pas s’y tromper, Winshluss n’est pas un héraut de la moralité, il raconte juste une histoire. Les inconditionnels de Ferraille ne seront pas déçus, cette adaptation de Pinocchio reste dans le même esprit. Winshluss ne respecte rien et on adore ça.
Graphisme : Pinocchio présente une grande diversité de style qui sert avec pertinence le découpage du récit. Le dessin est parfois assez rétro dans le trait comme dans les couleurs. Un parti pris qui accompagne bien le scénario et l’ambiance de l’album. Quelques pointes rockabilly viennent se glisser dans les pages et, bien sûr, sur la couverture.
Originalité : Ce nouvel album de Winshluss reste dans la lignée de ses précédents ouvrages. Une des réussites de Pinocchio, c’est la quasi absence de dialogues et d’éléments de narration. La qualité graphique du dessin de Winshluss suffit pour dépeindre ce conte torturé.
Références :
21 x 29 cm / Album cartonné / 192 pages couleur
Edition : Requins Marteaux
Collection : Ferraille
Prix :30 €
Sublime et vraiment très subtil!